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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 21:11
... où on n'a pas le moral. Je vous rassure, ce n'est pas dans ma vie privée, c'est dans ma vie professionnelle. Travailler pour "rien", enfin se battre pour une cause perdue, on se remet en question! Dans mon service, on voit de tout comme histoire, les grands et les petits brûlés: des histoires drôles et d'autres beaucoup moins. 
Histoire plutôt drôle? Un jeune qui a voulu s'épiler les coucougnettes à la cire. Petite brûlure mais mal placée!
Et puis il y a les moins drôles: une maison a pris feu à cause d'un hallogène qu'un petit a poussé contre un rideau, la maman a sauvé ses 2 enfants mais malheureusement a été gravement brûlée. Elle s'en sortira, mais ce sera long. 
Et il y a ceux dont on ne saura jamais ce qu'il a bien pu se passer: je m'occupe en ce moment d'un jeune de 31ans, retrouvé inconscient dans son appart' en feu. Dans ses antécédents, il y a une notion de dépression. Serait-ce une TS (tentative de suicide)? Aucun témoin, aucune lettre... Son état est critique, un pur patient de réa: assistance respiratoire, le rein ne marche plus donc on dialyse en continu. Il est dans un coma artificiel pour pallier à la douleur. À priori, il n'y a aucune issue à son état. Malgré ce, on lui administre des traitements coûteux, on lui fait des fibroscopies bronchiques et autres examens, on le maintient en vie... Mais pour peu de temps car on sait qu'il ne survivra pas car il est brûlé sur 90% de la surface corporelle. 
C'est horrible de se dire ça... Se battre pour "rien" alors que c'est un malade, qu'on est là pour le soigner. Mais quand on sait que malgré les soins la fin est proche??? Et la famille dans tout ça? Il est encore jeune...
Je ne sais pas si vous me suivez... Bref. On a une 30aine de cas comme celui ci par an, des gens que l'on ne guérira pas, mais aujourd'hui, pour moi, ça a du mal à passer. Peut être que demain, j'y ferai mieux face mais aujourd'hui, j'ai pas le moral.
Rajoutez à tout celà une température de 31° dans les chambres, à supporter avec une casaque, un masque, une charlotte, des gants (Mmmm, on transpire des litres par jour chez nous!)...Un peu comme sur cette vieille photo!

Heureusement que mon Crapouillou et mon homme m'aident à oublier un peu ces soucis et m'apportent joie et bonheur après ces dures heures de boulot! 
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commentaires

J
tu sais ce que je pense de ton boulot et surtout de ce que tu fais pour eux! Ca na rien a voir avec moi assise le cul  sur ma chaise, a répondre au tel!RESPECT! et gros bisous , courage!
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J
Je ne peux que te comprendre... je travaille dans un service d'urgences depuis plusieurs années.Quand on sort en SMUR, on retrouve les mêmes paradoxes.Faire une réa pour la famille, même si nous on c'est que c fini, faire semblant, pour eux, pour leur deuil, maintenir des gens en vie, s'acharner alors que...Faire des décès de jeune, de moins jeunes, des enfants... Il ya des fois, quand il y a des lois des séries, le moral est à plat, on erntre chez soi, on pleure un bon coup, et on repart, car on adore notre métier...Bon courage!
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A
Oui, comme je te l'ais déjà dit tu fais vraiment un métier courageux où il faut avoir un coeur bien accroché !!! Bon courage et pleins de bisous à toi !!!
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B
le métier d'infirmière est un métier très difficile.Il y a des moments difficile comme celui ci mais qui passe car tu as tous les autres malades qui sont là et qui attendent que tu les soignent physiquement et moralement.C'est normal d'être comme çà,c'est humain et çà prouve que tu aimes ce que tu fait et que tu donnes le meilleur de  toi même chaque jour.biz
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M
en faisant ce métier on pense parfois qu'on peut "sauver" des vies... parfois ce n'est malheureusement pas possible et ce, dans n'importe quel service... dans le tien se rajoute les souffrances, les séquelles qui sont à vie et le traumatisme lié aux brulures... c'est horrible et je te tire mon chapeau et je souligne ton grand courage... j'exerce pourtant la même profession que toi mais jamais je n'aurais le courage de travailler dans un service comme letien... il faut de tout pour faire un monde... et puis, quand on devient maman, notre sensibilité est à fleur de peau... moi qui me pensais dure, je me rends compte que la meternité m'a "assouplit"... courage ma belle, je t'admire bcp...ne lâche pas, tes malades ont besoin de toi... biz
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